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9 - JOURNAL DE MARCHE DU 21ème B.C.P. (3)


21 août - La situation n'étant pas totalement éclaircie sur le massif des Donons, les messages de la nuit étant contradictoires le général Von PAVEL ordonne une nouvelle attaque du Petit Donon qui se poursuit par celle du Grand Donon et du col routier. Le dispositif est le même que la veille, avec les même unités. Pendant la nuit les Pionniers ont donc renforcé les défenses au Petit Donon. Côté français les choses ont évolué fortement depuis la veille. En effet la défaite de la 2ème Armée française face à des positions ennemies préparée suit la contre-offensive allemande des 6ème et 7ème Armées. Les deux armées de l'aile droite française ne peuvent que retraiter sur la ligne de défense prévue, a savoir: la Meurthe. Le général DUBAIL envoye l'ordre de retraite générale à sa 1ère Armée, pour le 21 à 6 heures 30. La position du Donon se retrouve ainsi en flèche et ne peut plus être tenue. Les généraux BOURDERIAT (13ème D.I. ainsi que BARBADE 25ème Brigade, veulent reprendre le Petit Donon malgré l'ordre reçu. Ils paieront très vite cette erreur et seront  relevés de leur commandement dès septembre 1914. Le dispositif d'attaque français est le suivant : -au centre : en direction du Collet et du sommet du Petit Donon, les 2ème, 5ème et 6ème compagnie du 21ème B.C.P. -le soutien sera effectuée par la section de mitrailleuse du 21ème B.C.P. placée sur le flanc Est du Grand Donon. Le barrage, cote 707, en travers des départementales toujours en place comme la veille, avec la 3ème compagnie ( capitaine GAITET ) du 21ème B.C.P. Cette même matinée du 21 août, deux attaques, une allemande l'autre française se produire donc sur le massif. Les allemands attaque à la fois le Fallenberg, comme la veille, par les pentes Est et le sommet du Petit Donon par les versants Est et Sud-Est. Les français, eux par les pentes Ouest du Fallenberg jusqu'au petit Donon. Ils doivent déjà reconquérir leurs propres tranchées abandonnées la veille mais occupées et renforcées par les Pionniers, contingent ennemi qui est bien resté en place sur la montagne. 4 heures 25, reçu de la 21ème Brigade un ordre d’attaque du Hallemberg et du petit Donon. L’attaque doit se déclencher à 4 heures 30. Les compagnies du bataillon qui se trouvent au col du Donon (2, 5, 6ème) ont comme objectif le petit Donon. Elles sont soutenues par les 3ème et 7ème compagnies du 57ème bataillon de réserve de Chasseurs. La 10ème compagnie du 57ème Bataillon et les mitrailleuses du 21ème sont établies en repli au grand Donon. L’attaque est donnée 2ème compagnie en tête suivie de la 6ème compagnie du 57ème Bataillon, la 5ème compagnie du 21ème à droite. 4 heures 30 : le signal d'attaque est donné, les chasseurs et les fantassins français grimpent les  fortes pentes du relief.Les premières tranchées allemandes sont enlevées, les mitrailleuses françaises balayent la crête et empêchent l'ennemi de sortir de ses retranchement au sommet et pour les troupes qui arrivent par les pentes Est, elles ne peuvent qu'immédiatement trouver des abris dans les rochers du sommet ; les pertes sont très sérieuses et les Historiques des différents  régiments allemands en attestent.. L'attaque est bien organisée et bien menée. Mais avant d'atteindre la crête, ils sont pris de vitesse par les troupes débouchant par le haut. Aucune préparation d'artillerie n'est effectuée. Seule la section de mitrailleuses du 21ème B.C.P. placée en excellente position sur le flanc supérieur est du Grand Donon soutient efficacement l'assaut en mitraillant les tranchées et la crête, en avant des lignes montantes des chasseurs et des fantassins. Bientôt les mitrailleuses françaises du grand Donon doivent cesser le feu ; les premières lignes d'attaquants arrivent au niveau des fils de fer des tranchées supérieures. Les troupes allemandes qui finissent d'arriver par les pentes Est sur la ligne de crête, peuvent enfin déboucher, et vont pouvoir se jeter en nombre sur les Français avec l'avantage. Les Jäger ont également réussi à neutraliser la mitrailleuse emmenée. Les assauts allemands et français se sont ainsi rencontrés vers le haut des pentes Ouest. Les allemands ayant les avantages de la position et du nombre. Le 1er  bataillon du 21ème reflue. Le feu de l’ennemi inflige des pertes considérables; cependant sur plusieurs points, l’attaque atteint les fils de fer même les tranchées de l’ennemi. Il est 6 heures 15, l’ennemi exécute une contre-attaque très violente par le feu infligeant des pertes françaises qui deviennent importantes. Cette contre-attaque paraît avoir eu pour objet de réoccuper les tranchées les plus avancées qui donnent des feux croisés. En très peu de temps, les pertes atteignent des proportions très importantes. Dans le groupe qui accompagne le commandant, l’adjudant est tué, l’agent de liaison du 57ème Bataillon blessé, trois fourriers sur six du bataillon disparaissent. L’ordonnance du commandant reçoit quatre balles sans être tué. En raison des difficultés du terrain, des obstacles utilisés ou créés par l’ennemi, de l’efficacité du feu de l’ennemi dirigé automatiquement et de l’impossibilité d’obtenir un feu efficace à travers les broussailles sans une préparation antérieure, il est manifesté que l’attaque n’a aucune chance de réussir et qu’en insistant davantage, on ne ferait qu’augmenter les pertes sans aucun résultat. L'attaque a échouée et le commandant RAUCH donne l'ordre de la retraite sur le Donon. Le repli s’exécute sous la protection de la 6ème compagnie qui occupe les tranchées du col et du repli organisé par la 10ème compagnie du 57ème et les mitrailleuses du 21ème. Ces éléments de repli remplissent leur mission avec le plus grand dévouement, ça qui permet aux divers éléments ayant pris part à l’assaut de se reformer. En raison du mouvement général vers l’Ouest, le commandant donne l’ordre aux éléments réunis au sommet du Donon, ainsi qu’à la 4ème compagnie , de se porter à l’Ouest de la clairière. Les survivants du 21ème dégringolent sur les pentes vers le col entre les Donons, les fantassins allemands les poursuivent mais arrivés au col, ils sont pris sous le feu de la 2ème compagnie, autour du commandant RAUCH qui fait le coup de feu, avec le reste du bataillon dans des retranchements bien organisés ; ils tiennent face aux troupes arrivant par le chemin de Wisches, le bas des pentes du petit Donon et le vallon. Heureusement, la section de mitrailleuses du 21ème B.C.P. du grand Donon a de nouveau ouvert le feu protégeant la retraite des chasseurs. Les pertes allemandes augmentent très vite, le petit Donon - Fallenberg en leur possession, leur poursuite s'arrête. Les défenseurs de la cote 707, 3ème compagnie du 21ème B.C.P. en contrebas du col entre les Donons, formant barrage vers le Nord ne faiblissent pas face au détachement ZIEGESAR ( R.LAGER 14, RIR.I/119, RIR.II/120 et RIR.III/120). Le commandant RAUCH, vers 8 heures, ordonne d'évacuer le col entre les Donon, les défenseurs de la cote 707 retraitent également. Les morts et les blessés restent sur le terrain, la grande majorité sur les pentes du Petit Donon sont des chasseurs du 21ème B.C.P. Les mitrailleuses du 21ème B.C.P. balaient la départementale empêchant toute progression du détachement <<Ziegesar>> et soutenant la retraite des derniers combattants toutes sections mêlées. 11 heures 30, le général BARBADE, ordonne la retraite générale vers la vallée de la Plaine. Les combats du Donon étaient terminés. La bataille d'arrêt se déroulerait sur la rive gauche de la Meurthe. Cette bataille d'importance dans notre secteur, de l'aile droite française contre l'aile gauche allemande, porte deux noms suivant les endroits où les affrontements sont les plus importants : bataille de la haute Meurthe et bataille du col de la Chipotte. Beaucoup de morts, de blessés graves sont restés sur le champ de bataille, la rapidité de l'évacuation du massif ne permis pas pour certains des régiments impliqués dans les combats de ces deux journées notamment le 21ème B.C.P. de les ramener dans leurs lignes. Ce sont les Pionniers allemands qui à partir du 22 août vont rassembler les blessés légers, les prisonniers pour les emmener sur Schirmeck. Les morts français et allemands sont enterrés sur place dans des fosses individuelles ou collectives, au fur et à mesure qu'ils sont retrouvés et selon la conformité du terrain. La chaleur est intense et la décomposition des corps avancée, des mesures sanitaires doivent être prises rapidement. Le plus grand nombre des sépultures se trouvent au sommet du petit Donon, sur les pentes, au col entre les Donons, à la cote 707 et sur les pentes Nord et Ouest du Grand Donon.
PERTES FRANÇAISES = 403 HOMMES


22 août - Le général VON PAVEL ordonne l'attaque du grand Donon. Les troupes ne rencontreront aucune résistance puisque depuis la veille, les unités françaises sont redescendus dans la vallée de la Plaine. La 25ème Brigade retraite en direction de la Meurthe tout en menant des combats retardateurs, en créant des barrages successifs. Le massif du Donon reste allemand jusqu'en 1918, il sert de môle de défense fortifiée y compris sur le versant lorrain, dans l'option d'avoir à résister à une offensive alliée d'envergure visant Strasbourg et le Rhin. A 10 heures, le bataillon reçoit l’ordre de la Brigade de se porter à Luvigny par la rive droite. La 3ème compagnie est envoyée au Halbach, la 2ème compagnie au haut de Chaumont. A 12 heures, le bataillon reçoit l’ordre de se porter par Vexaincourt au haut de Chaumont où il bivouaque. Les 1ère et 3ème compagnie bivouaquent au Halbach.

23 août - 9 heures 30, le bataillon reçoit l’ordre au haut des Planches. La 1ère compagnie est envoyée à Croix Bodin, la 3ème au haut de la Borne. Le gros du bataillon se rend au haut des Planches. 13 heures, le bataillon reçoit de la Brigade l’ordre de redescendre sur la Chapelotte. 16 heures, ordre est donné au bataillon de faire une contre-attaque sur Badonviller en liaison avec le 20ème Bataillon. L’attaque doit avoir lieu au signal donné par la canonnade. La canonnade n’a pas lieu, le 20ème Bataillon se replie sur Pierre-Percée. Le 21ème bataille va bivouaquer à Pierre-Percée. La 2ème compagnie laissée à la Chapelotte en est chassée par l’ennemi. Rien à signaler dans la nuit du 23 au 24 août. Puis c’est la retraite par la vallée de la Plaine, combats de Badonviller, de Raon, La Haute-Neuveville, La Chipotte. D’autres chasseurs de Raon, parmi tant d’autres, tombèrent dans les forêts environnantes de la ville qui les virent naître. Après une offensive en Alsace et la bataille des frontières puis des cols vosgiens, Joffre continue d'appliquer le plan 17. La bataille du col de la Chipotte fut donc l’une des batailles se déroulant dans des massifs en rive gauche de la Meurthe. Le col  étant une position clé sur la route menant vers Charmes, Épinal, l'ennemi l'attaqua avec une grande détermination, tout en essayant également de contourner l'obstacle. Tous ces combats eurent une unité de lieu (la rive gauche de la Meurthe), un objectif unique (empêcher l'ennemi de percer vers l'ouest), et de durée ( la dernière semaine d'août et le début de septembre 1914 ); De ce fait elles purent être réunies sous une seule appellation :  Bataille de la Meurthe.

24 août - Le 24 août 1914, le 21ème Corps d'Armée tout entier passa en rive gauche de la Meurthe. Les chasseurs du 21ème B.C.P. se battirent aux ponts et passerelles de Raon, à la gare, le long de la ligne SNCF, puis se replièrent vers la Haute Neuveville, le col de la Chipotte tout en se battant. A 9 heures, le bataillon attaque le bois à l’Est de Badonviller après avoir surpris les fractions ennemies. Le bataillon se trouve complètement entouré et obligé de se retirer par la petite Rabelotte sur Croix Lamarre. 12 heures, ordre lui est donné par la Brigade de se porter par Croix Lamarre à Thiaville. 16 heures, ordre est donné au bataillon de se porter à Saint-Benoît puis à Larifontaine où il bivouaque. 23 heures, ordre est donné au bataillon de se rendre à la Haute-Neuveville.


LA GUERRE DANS LES COMMUNES
Déroulement

25 août 1914 - La 7ème Armée allemande (général Von HEERINGEN) se trouve face à la 1ère Armée française, tandis que la 6ème Armée (KRONPRINZ RUPPRECHT de Bavière) fait face à la 2ème Armée. Le 15ème AK (général VON DEIMLING) fonce sur Raon-L'Étape (88) et Thiaville (54) pendant que le 1er AK attaque sur Baccarat (54) en direction de Rambervillers. Ces trois premiers bourgs sont situés sur la Meurthe. La "bataille des ponts" est acharnée dans toutes ces communes. Dès le matin, Raon l'Étape est incendiée notamment par le 99ème IR qui se livre à d'autres exactions. Les Chasseurs des 20ème et 21ème B.C.P. défendent les ponts de Raon puis de La Neuveville-lès-Raon [1] ; quant au 17ème R.I. celui de Thiaville. Les ponts et passerelles de Raon défendus par les Chasseurs tiennent. À Thiaville les allemands réussissant à franchir la Meurthe, à Baccarat également, tentent de déborder par Sainte-Barbe (88) les défenseurs de Raon-L'Étape. Les 20ème et 21ème Bataillons de Chasseurs retraitent en combattant par la Haute-Neuveville sur le col de la Chipotte. La situation est critique. La 1ère Armée est obligée d'opérer un léger repli de son centre (ligne Hardancourt - Bois d'Anglemont - Saint-Benoît) mais les ordres sont formels : Tenir ! La 13ème D.I. venant de Raon l'Étape occupent le col et les bois environnants, tandis que la seconde division d'infanterie 43ème D.I. du 21ème Corps d'Armée ainsi que la 44ème D.I., se replient par les bois qui couvrent les pentes Nord-Ouest depuis le col jusqu'aux villages de Sainte-Barbe, Ménil-sur-Belvitte, poursuivie par les « 105 » allemands. L'artillerie française ne peut guère agir étant prise à partie par les « 105 » ennemis. Les Français creusent rapidement des tranchée peu profondes. Dans ces secteurs très boisés, où la visibilité est très limitée, où les attaques et contre-attaques, mélangent les assaillants, l'artillerie de campagne ne sera pas d'une grande utilité, en revanche l'artillerie lourde allemande causera des ravages sanglants. Ce sont essentiellement des combats d'infanterie et les affrontement à l'arme blanche seront nombreux. La nuit fait cesser quasiment les combats et chaque adversaire aménage comme il le peut ses positions et recherche, ses blessés; les morts restant pour la plupart sur le terrain.

26 août 1914 - Les attaques allemandes sur le col, d'une manière générale, seront toujours prononcées par l'Ouest, venant de Baccarat, par Thiaville, Nossoncourt, Sainte-Barbe. Dès 5 heures du matin, les allemands reprennent l'offensive. Les français également suivant l'ordre du jour de DUBAIL cette journée. Deux corps bavarois (6ème Armée) attaquent de Magnières (54) en direction de Roville-aux-Chênes tentant de contourner par l'Ouest le passage de La Chipotte puis par Sainte-Barbe en direction du col de la Chipotte, notamment vers la cote 423. Les 20ème, 21ème B.C.P. et 21ème R.I. chargent à la baïonnette et refoulent les assaillants. Les avant-postes du col reste aux mains du 21ème CA. Mais l'artillerie lourde ennemie (105 et 150) cause énormément de pertes dans les positions françaises.

27 août 1914 - La matinée est assez calme au col de la Chipotte. Saint-Dié est tombée et la 27ème D.I. qui défendait la côte de Répy doit se replier sur Nompatelize et Saint-Remy. L'ennemi commence à pénétrer le massif forestier du col du Haut-Jacques et menace directement la route Saint-Benoît - Rambervillers - Épinal, avec un double but : couper en deux la Ie armée française et s'ouvrir également la route vers la Moselle. La position clé du col de la Chipotte est donc menacée sur ses arrières. Les 17ème et 109ème R.I. tiennent fermement leurs positions. Le 21ème R.I., les 5ème et 6ème R.I.C. (2ème Brigade Coloniale) repoussent l'attaque du village. Les charges et contre charges se succèdent, extrêmement meurtrières. L'ennemi s'empare du col pour en être chassé quelques heures plus tard notamment par le 17ème B.C.P. et un bataillon du 6ème R.I.C. Malgré l'artillerie lourde ennemie qui continue de pilonner tout le secteur, les Français se maintiennent sur la ligne de crête: col de la Chipotte - cote 423. Les pertes sont lourdes, de part et d'autre, beaucoup de chefs de sections, de compagnies ont été tués. Les patrouilles rapportent que les sous-bois sont couverts de blessés et de cadavres amis et ennemis mélangés.

28 août 1914 - Le 13ème C.A. reprend l'offensive à l'Ouest et reprend les positions perdues près de Doncières. Le 21ème C.A. attaque en direction de Sainte-Barbe et de Raon l'Étape. Saint-Benoît-la-Chipotte est pris, après une violente canonnade de l'artillerie lourde allemande sur le village. La côte de Répy est aux mains allemandes, le col de La Chipotte également, les forces françaises tiennent encore la cote 423, ainsi que le sud du col. Les troupes françaises, allemandes sont épuisées; elles restent sur leurs positions et se retranchent . En soirée, l'artillerie lourde continue son travail de bombardement méthodique des positions françaises.

29 août 1914 - La 6ème Brigade Coloniale reprend le village de Saint-Benoît mais ne peut poursuivre. Au col les allemands semblent « piétiner » et renoncer à une attaque directe, leurs pertes ont été au moins aussi lourdes que celles des Français. Depuis la veille, ils essaient d'opérer, par un mouvement enveloppant, par l'est (attaque sur le village de Saint-Benoît) et l'Ouest (par le col du Haut-Jacques et d'autres petit cols: la Passée du Renard, col des Rouges-Eaux...), menaçant d'isoler ainsi la position-clé du col de la Chipotte, môle de résistance sur la route d'Épinal. Les combats en sous-bois se poursuivent tout au long de la journée sans amener de changement notable.

30 août 1914 - Ce 30 août, depuis les Hautes-Vosges, jusqu'à la Chipotte la 1ère Armée française marche en avant. Journée décisive. À la Chipotte tous les bataillons de chasseurs à pied des deux divisions du 21ème C.A., en réserve depuis deux jours, sont montés en ligne depuis la veille au soir. Ceux de la 25ème Brigade (13ème D.I.) : 17ème B.C.P., 20ème et 21ème B.C.P. ainsi que la « brigade bleue» (43ème D.I.) : 1er, 3ème, 10ème et 31ème B.C.P. Les charges se succèdent. Les pertes sont lourdes mais l'ennemi cède peu à peu. La 44ème D.I., soutenue par le 13ème C.A. réussit à se maintenir sur ses positions, en lisière des bois en avant de Saint-Benoît.

31 août 1914 - Les allemands n'attaquent plus et se retranchent. Des troupes de réserve remplacent certaines d'actives qui partent également pour la Marne où va se jouer à présent le tournant de la guerre. Le général DUBAIL communique aux troupes la note du généralissime JOFFRE qui «exprime aux Ie et IIe armées la satisfaction l'exemple de courage et d'endurance qu'elles ont donné».

1 septembre 1914 - Sur la demande de JOFFRE, le général DUBAIL, désigne un corps d'armée lequel, quittant le front de Lorraine doit venir sur le front de la Marne. C'est le 21ème C.A. qui va quitter la 1ère Armée, à commencer par la 13ème D.I., et, par voie ferrée gagner Wassy (52). De là, son intervention sera décisive les 8 et 9 septembre, dans la bataille de la Marne. La division BARBOT, tente un coup de force par l'ouest du col de la Chipotte en direction de la vallée de la Meurthe mais manque d'être tourné par des troupes ennemies arrivant par Saint-Barbe. Repli, défense et maintien au col.

2 septembre 1914 - La 44èmè D.I. relève le 21ème C.A. et vient occuper ses positions. Les allemands s'aperçoivent de ce mouvement et en profite pour attaquer. La 44ème D.I. se replie légèrement vers l'Ouest et avec l'aide du 13ème C.A. se maintient. La Ire armée française, après le prélèvement du 21ème C.A. ne peut plus prendre une attitude offensive, le général DUBAIL ordonne d'organiser les positions et retranchements. Le terrain est aménagé avec une défense en profondeur. L'ennemi tente toujours des attaques, surtout par l'ouest du col.

3 & 4 septembre 1914 - Des attaques allemandes sporadiques continuent, gains et pertes de terrain, de chaque côté, se succèdent ne pouvant plus rien apporter de décisif sur ce front, mais causant des pertes parfois importantes.

5 & 6 septembre 1914 - À l'Est du col, la 27ème D.I., se repliant du col et du massif du Haut-Jacques, vers Brouvelieures, l'encerclement du col de la Chipotte est, une fois de plus à craindre. Mais le 6, cette même division reprend l'offensive et repousse les troupes ennemies. Côté allemand le 15ème AK quitte le secteur vosgien pour la bataille de la Marne. Les troupes de réserves remplacent de plus en plus celles d'actives. Peu à peu le front devient plus calme tout au long de la Meurthe, mais les unités allemandes se maintiennent toujours en rive gauche de cette rivière.

Après le 10 septembre - L'ordre du jour de JOFFRE à DUBAIL pour la 1èr Armée française semble montrer que la bataille défensive est terminée. Le 11 septembre ordre est donné de « marcher en avant et partout ». Saint-Dié est libérée, le 12 c'est Raon l'Étape qui est de nouveau française, les troupes françaises suivent les troupes allemandes qui repassent en rive droite de la Meurthe. L'ennemi ne retraitera pas jusqu'à la frontière et la ligne de front va se stabiliser, depuis le col du Bonhomme jusqu'à Nomény. Pour les secteur face au col de la Chipotte, cette ligne passe par le Ban-de-Sapt, Senones, Celles-sur-Plaine, le col de la Chapelotte, Badonviller…


JOURNAL DE MARCHE DU 21ème B.C.P.
JOURNAL DES MARCHES ET OPÉRATIONS DU 31.07.1914 AU 02.09.1914
JOURNAL DES MARCHES ET OPÉRATIONS DU 03.9.1914 AU 29.01.1915
JOURNAL DE MARCHES ET OPÉRATIONS DU 27.01.1915 AU 04.06.1915
JOURNAL DE MARCHES ET OPÉRATIONS DU 05.06.1915 AU 31.12.1916
JOURNAL DE MARCHES ET OPÉRATIONS DU 17.01.1917 AU 31.12.1918